Voyages culturels
* Les 1°L et les 2nde 2 du LFV à Cannes pour un stage de critique cinématographique
Compte –rendu du voyage scolaire à Cannes du 5/12/11 au 9/12/11
Responsables du projet : Gilles Combecave (Histoire Géographie) et Valérie Héné (Anglais)
Classes concernées : 2nde 2 (20 élèves) et 1ère L (24 élèves)
Professeurs accompagnateurs : Christelle Lamote (Histoire Géographie) et Elisabeth Pournaki.
Objectifs du voyage :
⁃ Culturels : mise en contact avec différents courants cinématographiques.
⁃ Pédagogiques : écriture d’une critique de film, expression argumentée de son opinion concernant une œuvre cinématographique.
Déroulement du voyage et du stage :
Le voyage de Vienne à Cannes s’est déroulé sans aucun problème et le groupe a rejoint le lieu d’hébergement (Collège International) le lundi après-midi.
Après avoir regroupé les élèves dans leurs chambres, nous nous sommes rendus dans le centre ville de Cannes pour le repas du soir. Nous sommes allés ensuite au théâtre de l’hôtel Marriott assister à la cérémonie d’ouverture des 24èmes Rencontres Cinématographiques de Cannes, dont le thème central cette année était « Le cinéma fait sa comédie ». Le film projeté en avant première était un long métrage de Stéphane Robelin : « Et si on vivait tous ensemble » présenté par le réalisateur et l’un des acteurs principaux du film, Pierre Richard.
Au cours du stage, les élèves ont pu assister à la projection de deux films par jour donnant lieu à des échanges construits et pertinents lors d’ateliers d’écriture de critique de films grâce à la présence enthousiaste et encourageante de Mélanie Carpentier pour les secondes et d’Ariane Allard pour les premières, deux professionnelles du cinéma. Les stagiaires ont appris à rédiger une critique convaincante et argumentée des films visionnés. Ils ont pris conscience de la difficulté de justifier leur intérêt pour tel ou tel film et que l’art de la critique consistait à expliquer en illustrant de manière détaillée les raisons qui devraient pousser ou non les spectateurs à se précipiter dans les salles obscures. Les échanges étaient d’autant plus fructueux qu’ils permettaient d’apporter des précisions d’ordre culturel ou politique selon la thématique du film.
L’atelier d’écriture a permis aux élèves de se rendre compte qu’il faut porter un regard critique sur un film et ne pas se laisser impressionner par des effets visuels.
En conclusion, ce stage a permis aux élèves de se familiariser avec différents genres cinématographiques même si, dans le cadre de la manifestation, les comédies ont primé : « Oscar » et « Le téléphone rose » d’Edouard Molinaro, « Terraferma » d’Emanuele Crialese (Lion d’argent à la dernière Mostra de Venise, très beau film sur les difficultés de la Sicile et l’immigration clandestine), « Foolmoon » de Jérôme L’hotsky présenté par Christophe Alévêque et Armelle, « Face to face » de Michael Rymer (une avant-première australienne sur la médiation comme alternative au procès) et « Nos enfants chéris » de Benoît Cohen présenté par l’un des acteurs, Mathias Mlekuz.
En soirée, les élèves ont eu quartier libre. Nous regrettons qu’aucun n’ait voulu voir d’autres films proposés gratuitement dans 3 salles de cinéma mais il est vrai que les journées étaient bien remplies.
Les classes se sont très bien comportées et ont été très actives lors des ateliers. Une élève de 1ère L, Ella Berger, a reçu cette année le premier prix « Moi jeune critique ».
Gilles Combecave, Valérie Héné, Christelle Lamote, Elisabeth Pournaki


- Alain Beverini, Pierre Richard et Stéphane Robelin le soir de l'ouverture

- Les élèves sous le soleil

- avant une projection

- au travail avec Mélanie Carpentier
Critique
Terra ferma : la rencontre de deux mondes opposés
Italie, date de sortie inconnue à ce jour, 1h28
Que faire si on fréquente un endroit pou le soleil, la mer et la fête et que tout d’un coup des personnes y débarquent par la nécessité de survivre ?
Sur une petite île de Sicile, Filippo, un jeune home de 20 ans, et sa famille de pêcheurs traditionnels se retrouvent confrontés à la pauvreté. Sa mère et son oncle décident alors de travailler dans le domaine touristique, menacé par les vagues de clandestins arrivant d’Afrique qui tentent de débarquer sur l’île. Lorsque Filippo et son grand père sauvent quelques clandestins de la noyade, ils emmènent avec eux une femme africaine enceinte et son fils. Cela représente le début d’un dilemme pour Filippo et sa mère.
Avec « Terra ferma », terre ferme, Emanuele Crialese reprend le sujet d’immigration qu’il a traité auparavant dans son film « Golden Doors » avec Charlotte Gainsbourg. Celui-ci parlait de la vague d’immigration italienne venue au Etats-Unis au début du XXème siècle. Le réalisateur montre ainsi un intérêt pour les immigrés clandestins : que ce soit les Italiens il y a un siècle ou les africains aujourd’hui. C’est donc avec subtilité qu’il critique les autorités de son pays en leur rappelant leur passé. Avec deux scènes au milieu de la mer, la seconde étant encore plus émouvante et rapide, Crialese réussit à capter des images crédibles de clandestins s’accrochant au bateau italien. Ces scènes sont particulières par le rythme agité qui est plus calme pendant le reste du film. De cette manière, le film secoue le spectateur, come pour le réveiller et détacher on regard des touristes, pour qu’il le fixe sur une autre réalité. Une autre réalité qui est enveloppée par le mystère et la peur. Ces éléments sont illustrés par le noir de la nuit, percé par la lampe du bateau. En règle générale, seules les scènes émouvantes du film sont accompagnées de musique. Néanmoins, le silence est compensé par le grand nombre d’images captivantes, souvent sous marines, ou tout simplement pleines de détails, comme les gros plans sur les mains des pêcheurs, les bateaux, les filets, pour illustrer leur vies. Les émotions de la mère de Filippo, Guiletta, et de la femme africaine sont traduites par le gros plan sur leurs visages qui restent calmes, mais traduisent en même temps une peur qui les rapproche.
L’arrivée des clandestins oblige Filippo à ouvrir les yeux sur un monde nouveau et d’agrandir son horizon. L’acteur qui l’incarne joue ici son premier rôle, mais il arrive à transmettre l’image d’un adolescent qui finit par devenir un homme et qui symbolise le lien plein de conflits –intérieurs et avec les autorités- entre les touristes et les clandestins.
Ainsi, Crialese nous montre avec crédibilité la rencontre de deux mondes en s’appuyant sur des destins individuels, ce qui fait de « Terra ferma » un film d’apprentissage réaliste et touchant.
Ella Berger, 1° L - Premier prix de la critique

